La réforme de la facture électronique arrive à grands pas et suscite encore beaucoup d’interrogations.
Parmi les idées reçues que nous entendons régulièrement chez les coiffeurs et les professionnels de la beauté, il y en a une qui revient souvent :
« Je suis micro-entrepreneur (anciennement auto-entrepreneur), donc je ne suis pas concerné. »
En réalité… c’est faux.
La facture électronique, c’est quoi ?
Une facture électronique n’est pas simplement une facture envoyée par e-mail au format PDF.
Il s’agit d’une facture créée, transmise et reçue dans un format spécifique, via une plateforme reconnue par l’État.
Cette réforme a plusieurs objectifs :
- simplifier les échanges entre entreprises ;
- limiter la fraude à la TVA ;
- moderniser la gestion administrative des entreprises.
Quelles entreprises sont concernées par la réforme ?
La réponse est simple : toutes les entreprises établies en France sont concernées.
Cela comprend notamment :
- les SARL, SAS, EURL… ;
- les entreprises individuelles ;
- les micro-entrepreneurs (anciennement appelés auto-entrepreneurs).
Que vous soyez coiffeur, esthéticienne, prothésiste ongulaire, barber ou tout autre professionnel indépendant, cette réforme vous concerne.
Pourquoi les micro-entrepreneurs sont-ils concernés ?
C’est certainement le point qui prête le plus à confusion.
Beaucoup pensent que, puisqu’ils ne facturent pas la TVA, ils ne sont pas concernés par la facture électronique.
En réalité, il faut distinguer deux notions :
- être assujetti à la TVA ;
- être redevable de la TVA.
La majorité des micro-entrepreneurs sont bien assujettis à la TVA, mais bénéficient de la franchise en base de TVA. Cela signifie qu’ils ne facturent pas la TVA à leurs clients, sans pour autant sortir du champ de cette réforme.
C’est pourquoi les micro-entrepreneurs sont bien concernés par la facture électronique.
Vais-je devoir émettre des factures électroniques ?
En tant que coiffeurs ou professionnel de la beauté, vous travaillez avec des particuliers. Vous n’êtes donc pas concerné par l’émission de factures électroniques.
En revanche, vous devrez être en mesure de recevoir les factures électroniques envoyées par vos fournisseurs et vous serez concerné par le e-reporting, c’est-à-dire la transmission de certaines informations à l’administration fiscale.
Faut-il acheter un logiciel de facturation ?
Pas nécessairement. Plusieurs logiciels proposent une version gratuite, parfaitement adaptée à de nombreux micro-entrepreneurs.
Parmi les plus connus :
- Henrri : une référence française avec une offre gratuite très complète.
- Tiime : simple d’utilisation et particulièrement apprécié des indépendants.
- Indy : connu pour sa comptabilité simplifiée, il propose également une solution de facturation adaptée aux micro-entrepreneurs.
L’essentiel est de choisir une solution qui sera compatible avec la réforme de la facture électronique afin de pouvoir recevoir (et, si nécessaire, émettre) vos factures dans les règles. Je vous conseille de toujours bien vérifier ce point avant votre décision finale.
Ce qu’il faut retenir
Si vous êtes micro-entrepreneur, ne partez pas du principe que cette réforme ne vous concerne pas.
Même si vous bénéficiez de la franchise en base de TVA, vous entrez bien dans le périmètre de la réforme.
Le meilleur conseil ? Anticiper dès maintenant, choisir un logiciel compatible et vous informer progressivement. Vous éviterez ainsi les mauvaises surprises au moment de l’entrée en vigueur de la réforme.